Les erreurs à éviter pour une installation réussie

Référence et lien court: OP-6JZ9FL-9

En février 2021, nous avons proposé un webinaire sur le choix du lieu d’installation d’un cabinet d’ostéopathie. Celui-ci nous a permis de communiquer sur les nombreux facteurs participant à une installation réussie (voir lien en fin d’article). C’est en préparant cette conférence que nous en sommes venus à nous demander quelles avaient été les erreurs que nous avions pu faire lors de nos propres installations. Pour étoffer notre réflexion, nous avons publié un sondage anonyme s’adressant aux ostéopathes. Les témoignages recueillis font apparaître des éléments qu’il nous semble utile de diffuser, car nous pensons qu’ils peuvent avoir un effet significatif sur le développement d’un cabinet.

Les résultats en un coup d’œil

Avant de voir les résultats, nous vous proposons de continuer à enrichir ces données en participant au sondage, si vous ne l'avez pas déjà fait. Nous mettrons à jour l'article avec les nouveaux résultats régulièrement. Participer au sondage

Chaque réponse que nous avons recueillie est constituée de texte libre. Pour en faciliter l’analyse, nous les avons classées par catégorie, chaque réponse pouvant appartenir à plusieurs catégories:

  • Communication
    • Intraprofessionnelle (entre ostéopathes)
    • Interprofessionnelle (avec les kinés, médecins, infirmières)
    • Publique (évènements sportifs, visibilité en ligne)
  • Cabinet
    • Local (achat ou location, rachat de patientèle)
    • Emplacement (densité démographique, étude de marché)
    • Type de cabinet (pluridisciplinaire, seul ou à plusieurs, travail à domicile)
    • Équipements (table, isolation, parking, accessibilité)
    • Services associés (banque, internet)
  • Connaissances
    • Administratif, juridique et comptabilité
    • Expérience (remplacements, déroulement d’une consultation)

Pour lire les réponses brutes que nous avons reçues et trouvées instructives, nous vous invitons à consulter le spreadsheet contenant les données brutes ainsi que la répartition entre les différentes catégories.

Deux catégories regroupent plus de deux tiers des erreurs

Après analyse des résultats du sondage, deux catégories de réponses sont arrivées en tête: les erreurs de localisation (en orange) et les erreurs de communication (en bleu et vert).

Si l’importance du lieu d’installation n’est plus à prouver, nous ne pensions pas voir autant de personnes nous faire part de leurs soucis de communication. Ces derniers se subdivisent en trois catégories:

  • erreurs de communication avec les autres ostéopathes (communication intraprofessionnelle),
  • erreurs de communication avec les autres professionnels·es de santé comme les kinés ou les médecins (communication interprofessionnelle),
  • erreurs de communication publique pour augmenter sa visibilité (référencement web, évènements sportifs, etc.).

Communiquer est une des principales difficultés

Comment expliquer une telle prépondérance de réponses évoquant ce problème ?

Se présenter est pourtant une étape cruciale de l’installation, car elle permet d’initier la communication entre praticiens·nes de santé, laquelle peut devenir un excellent moteur de recommandation dans une approche pluridisciplinaire. Cela requiert cependant de surmonter sa timidité ou son syndrome de l’imposteur, en particulier en sortie d’école, mais peut être très enrichissant pour son développement professionnel.

La pression démographique croissante vient malheureusement détériorer les relations intraprofessionnelles où une nouvelle installation est souvent perçue comme une menace: les nouveaux et nouvelles installés·es seront donc peu enclins à venir se présenter de peur d’être mal reçus·es.

Cette pression démographique incite également de nombreux·ses praticiens·nes à redoubler d’efforts concernant leur visibilité auprès du public. Toutefois, le zèle de certains·es peut malheureusement attiser des conflits entre praticiens·nes exerçant sur un même territoire.

Ce dernier point est un sujet sensible, car en France la communication publique des professionnels·les de santé est très règlementée. En effet, les ordres répriment fermement toute forme de publicité dans leurs rangs.

Si l’ostéopathie n’est pas actuellement soumise à un ordre, des codes de déontologie ont toutefois été élaborés par les syndicats afin de parer à d’éventuelles dérives.

Bien choisir son emplacement, un puzzle à compléter

Sur l’ensemble des réponses ayant trait aux erreurs de localisation, la moitié évoquent la présence d’un·e autre ostéopathe à proximité. Les autres réponses incluent:

  • une distance trop grande entre le cabinet et le domicile,
  • un mauvais choix de région ou de département,
  • un mauvais choix dans la taille de la ville,
  • un cabinet situé dans une zone trop peu passante,
  • un territoire où la population a un faible pouvoir d’achat.

Pour ce dernier point, notons que d’après un sondage IFOP de 2016 et un sondage ODOXA en 2019, toutes les classes de population consultent en proportion similaires hormis les classes les plus modestes.

Il est également intéressant de noter que la démographie n’est parfois pas l’unique critère à évaluer: il vaut mieux rester dans une région dense en ostéopathes, mais où la population consulte beaucoup (par exemple, en région parisienne) que de déménager dans une région moins dense en ostéopathes, mais où la population consulte moins.

Nous vous recommandons de consulter le support de notre webinaire de février 2012 intitulé « Comment choisir son lieu d’installation ». Celui-ci comporte une grande partie des éléments à prendre en compte pour choisir votre emplacement.

Encore quelques choix stratégiques à faire

Si nous venons de voir deux des principaux aspects à prendre en compte lors d’une création de cabinet, il reste néanmoins quelques autres décisions à prendre concernant votre activité et votre cabinet.

Installation seul·e ou à plusieurs

Dans cette catégorie, les réponses que nous avons obtenues sont souvent individuelles et il n’y a pas de tendance commune. Pour certains·es, il vaut mieux commencer à plusieurs, alors que d’autres préfèreront commencer seul·es.

Voici un rapide récapitulatif des avantages et inconvénients de chaque situation:

Cabinet seul·e Cabinet pluridisciplinaire
seul·e décisionnaire décision (parfois) commune
Solitude au travail, mais aussi une grande autonomie Vie commune plus développée, mais dépend des collègues et votre entente
Peut convenir dans de petites villes Nécessite un plus grand bassin de population
Visibilité accrue de par la présence d’autres professionnels·les
Coût du cabinet parfois inférieur (partage des frais)

Partir sur de bonnes bases

De multiples réponses au sondage ont fait mention d’erreurs de gestion entrainant des problèmes plus ou moins importants. Avoir des bases solides en gestion s’avère rapidement être un atout. Dans ce chapitre nous avons résumé les éléments principaux à prendre en compte pour votre installation.

Le strict minimum dont vous avez besoin pour démarrer votre activité libérale est le suivant:

  • une entité juridique: autoentreprise ou régime réel. Pour savoir quelle forme choisir, vous pouvez utiliser notre comparateur de statuts juridiques
  • un compte bancaire dédié à votre activité. À savoir qu’il n’est pas toujours nécessaire d’avoir un compte professionnel 1, un compte personnel étant moins onéreux pour débuter
  • une responsabilité civile professionnelle (RCP): pensez à comparer régulièrement les offres auprès des assureurs
  • une assurance pour votre local
  • les abonnements liés à votre activité et/ou votre local (téléphone, internet, eau …)
  • un outil de gestion comptable ou un·e comptable. Attention, un tableur Excel ou un spreadsheet Google seront rapidement en limite de capacité à vous aider dans le pilotage de votre activité à moins d’y investir un nombre considérable d’heures
  • un outil de facturation aux normes. Que vous émettiez des notes d’honoraires ou des factures, il vous faudra suivre les règles de facturation 2

Si vous hésitez entre plusieurs offres, privilégiez les moins chères pour commencer. Il vous sera toujours possible de prendre plus cher et avec plus d'options par la suite.

Renseignez-vous avant de vous lancer

Aujourd’hui plus que jamais, il est important de bien réfléchir son projet d’installation pour ne pas avoir de regrets quelques mois seulement après l’ouverture.

La démographie croissante des ostéopathes est certes un facteur de frustration, mais comme l’a indiqué le sondage, les thérapeutes sont nombreux·ses à regretter de ne pas pouvoir tisser de meilleurs liens avec les autres professionnels·les de leur secteur. Peut-être même est-ce en cultivant un terreau favorable à une communauté locale des praticiens·nes que nous pourrons trouver de nouvelles voies au développement de notre profession.


Méthodologie et liens utiles

Ce sondage a été diffusé sur plusieurs groupes Facebook entre février et mars 2021.

Pour lire les réponses brutes que nous avons reçues et trouvées instructives, nous vous invitons à consulter le spreadsheet contenant les données brutes ainsi que la répartition entre les différentes catégories.

Vous pouvez également accéder au support du webinaire sur comment choisir son lieu d’installation que nous avons organisé en février 2021.


  1. Compte bancaire professionnel : est-ce une obligation ? ↩︎

  2. Factures et notes d’honoraires: les mentions obligatoires ↩︎

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